mercredi 2 janvier 2008

L'esprit des fêtes 2002 (première partie)

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2001, je suis sur le boulevard Northern à l'endroit précis ou la 34e avenue débute, juste au coin de la 47e rue.
Un flatbed de 53 pieds immatriculé Nova Scotia vient de quitter mon ilot pour aller livrer le restant de ses sapins quelque part à Brooklyn.
Me voici de nouveau seul au Dwyer Square, Queens, New York.

Seul et en sueur à travers les sapins.
La buée se dégage de tout mon corps.
Je viens de décharger 250 sapins et je prends une pause.
Si j'arrête trop longtemps, je vais m'endormir et geler. Il fait -10° Celsius.
Je pousse le temps d'arrêt au maximum.
À l'instant précis où je sens le premier frisson me saisir, je fonce et je m'empare d'un des sapins qui git en plein milieu du boulevard et je le lance plus loin sur une des piles qui attend d'être triée. Il est deux heures moins quart du matin.


Les véhicules poursuivent leur interminable va et viens.
Certains klaxonnent pour me faire remarquer que mes arbres sont dans le chemin, un autre klaxonne pour avoir la permission de bruler le feu rouge de la 47e, certains klaxonnent pour désavouer celui qui vient de bruler le feu rouge, d'autres, très peu, klaxonnent pour me saluer.

Je m'engage sur le boulevard pour ramasser les plus gros sapins pendant qu'il me reste des forces. Les bundles, les petits chicots regroupés, trois par trois ou quatre par quatre, attendront à la fin de la nuit. Ils sont presque tous déjà sur l'ilot de toute façon, formant une pile aux allures de hutte de castor verte.


Le cas le plus pressant fait à peu près 100 livres, mesure environ 12 pieds et
son tronc empiète dangereusement sur deux voies.
Chaque pas que je fais avec lui ajoute au prix qu'on en exigera et je me dis, entre deux sacres, qu'il faudrait avoir au moins 110$ pour. Je l'appuie sur l'étalage en prenant bien soin de mettre suffisamment de poids de l'autre côté, j'ai pas envie de ramasser le rack au complet dans la rue à sept heures du matin en pleine heure de pointe.
Je recommence l'opération en prenant les sapins par ordre décroissant, si c'est possible.

Le but est de dégager le plus rapidement possible le boulevard avant que les boys du NYPD viennent me faire chier.

4 commentaires:

Mek a dit…

Oh yeah ! Oy yeah ! Tu t'y mets ?! Oh yeah. Je me délecte.

Gomeux a dit…

Ouais, semble bien que le chantier est en branle.
Je mettais ça ici pour voir si c'est lisable, fait tellement longtemps que ça cogite...
Chu tenté d'y donner le traitement Ripper, yenk pou rire!

Gomeux a dit…

Le reste s'en vient.
M'ont tout le temps fait rire avec leur "temps de création" en cinéma...
"Une journée de tournage pour 5 menutes de firme gna gna"

Je dirai pas combien de temps ça me prends pour écrire une phrase que j'aime. Pis y a rien qui dit que je vais l'aimer longtemps.

Donc, le reste, et plus encore, s'en vient.

piedssurterre a dit…

Woa, ça, c'est du conte de Noël comme je les aime !